DélégationPicarde (Aisne/Somme)

Crise sanitaire

Anne et Nicole se rencontrent

Témoignages

Anne, bénévole, engagée dans l’équipe de Bruyères-et-Montbérault, a rencontré Nicole. Avec d’autres bénévoles, pour rompre son isolement, elles nouent une relation en se promenant ensemble. Elles en parlent.

Anne explique. « Le 20 mai dernier, je suis allée chez Nicole, 62 ans, veuve depuis trois ans, vivant dans une maison dans un petit village à 15 km de Bruyères-et-Montbérault. Atteinte d’une maladie dégénérative depuis 2001, elle est en chaise roulante toute la journée depuis 2005. Elle a comme animal de compagnie un golden retriever qui a été dressé pour l’aider dans certains gestes : enlever son bonnet, son poncho, mettre des objets à la poubelle, etc… (cf photo). Elle y est très attachée.

Elle était heureuse de pouvoir sortir avec lui car, en raison du confinement, cela faisait deux mois, qu’ils étaient restés enfermés dans la maison. Lui ayant demandé comment se passait son quotidien dans le confinement, sa réponse fut qu’elle vivait d’une certaine manière le confinement depuis 2005. Depuis le début du confinement, son aide-ménagère et son orthophoniste ne viennent plus. Elle a comme visites, celle de sa voisine qui vient tous les jours, celles de sa fille qui habite à proximité et celles de son kinésithérapeute. Ayant pris l’habitude d’utiliser une tablette pour s’occuper et faire des albums photos, elle a découvert la joie de pratiquer la visiophonie avec son fils et ses petits-enfants, ses frères et sœurs qui habitent loin.

Cette promenade qui dura trois quarts d’heure dans la campagne fut une joie simple partagée. Le golden retriever est resté impassible auprès de sa maîtresse malgré tous les chiens des maisons qui aboyaient à notre passage. De retour à la maison, j’ai passé un moment pour regarder une série de photos du golden retriever qui m’a montré toute la place qu’il occupe dans la vie de Nicole.

Alternant ces promenades avec une autre bénévole de l’équipe, la prochaine promenade aura lieu le 12 juin. Je m’en réjouis par avance. »

À son tour, Nicole livre son témoignage.

« Je suis atteinte d’une sclérose en plaque secondaire progressive qui devient invalidante. Timide de nature, je n’aurais jamais osé demander. Et voilà que Mary et Anne du Secours Catholique me proposent leurs services pour sortir en promenade avec mon chien d’assistance Meïko, et m’aider à la pratique de l’activité des perles à repasser.

Quand je vois ma fille pressée, je n’ose rien lui demander de peur de la déranger. Par le bouche-à-oreille et l’intermédiaire de deux personnes ,les bénévoles du Secours Catholique sont venues à moi. Je suis contente de savoir que je peux leur demander des petits services. À elles, j’ose demander sans avoir peur de déranger. N’arrivant plus à bien parler, j’ai été profondément meurtrie par le fait qu’un jour, une personne a raccroché vivement le téléphone car elle n’arrivait pas à me comprendre. Ce fait m’a motivé pour suivre des cours d’orthophonie, considérant que ne pas pouvoir parler était le pire handicap après la cécité, la surdité. La parole permet d’échanger. Je suis toujours des cours et fais toute seule mes exercices.

C’est la foi qui m’a permis de trouver la force de vivre ma situation de "confinée" depuis 2005. Je prie tous les matins pendant environ 1h30. Je termine par un chapelet. Et c’est cette prière qui me donne la force et la joie de vivre. Depuis que j’ai mon chien Meïko, je me sens en sécurité. Il est pour moi plus qu’un compagnon.N’ayant pas de famille à proximité, mis à part ma fille, les visites sont importantes pour moi, même si je ne m’ennuie pas. J’ai la chance d’avoir une voisine qui vient tous les jours me voir. Il nous arrive de regarder ensemble des jeux à la télévision. »

Puis Anne conclue  : « Nicole m’a dit qu’elle avait été heureuse d’avoir pu échanger sur tous ces sujets. »

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