DélégationPicarde (Aisne/Somme)

Crise sanitaire

Tranche de vies et d’échanges fraternels

Hormis les appels passés dans la continuité des accompagnements en cours avant le confinement, Françoise engagée dans l’équipe du Secours Catholique de Bruyères a contacté des personnes isolées auxquelles elle apporte un espoir de rompre leur isolement ; elle a su entendre leurs besoins, leurs craintes et envisager la mise en place de nouvelles actions fraternelles : de la promenade, de la lecture, le partage d’un café...

Mme N. : nous nous téléphonons une fois par semaine ; elle me donne l’impression de vivre pas trop mal ce confinement ; ses enfants lui apportent à sa grille, une fois par semaine, environ, les denrées alimentaires dont elle a besoin. Elle s’occupe à faire un peu de nettoyage dans son petit jardin et communique, par téléphone, avec des dames de sa commune qui sont également confinées. Je dirai que c’est plutôt positif.

Mme H  : Echanges par SMS ; un premier, le 1er avril, pour prendre de ses nouvelles et lui dire qu’elle n’hésite pas à se rapprocher de l’une d’entre nous, si elle avait besoin de quoi que ce soit. En réponse, elle m’a laissé un message sympathique pour nous remercier, prendre également de nos nouvelles, et nous informer que ça n’allait plutôt pas mal pour elle. Je lui ai envoyé un deuxième SMS, le dimanche de Pâques, pour l’assurer de nos pensées en ce jour de fête qu’elle allait passer seule ; elle m’a répondu par SMS, pour m’en remercier ; elle apportait, elle-même, un peu d’aide, en prenant soin de la santé de ses voisins ; toutefois, avait ressenti un peu de nostalgie et de tristesse, à la lecture de ce passage : « Je pense beaucoup à toutes ces personnes qui souffrent et à celles qui nous ont quitté, cela me touche énormément »...Je la rappellerai, d’ici quelques jours pour prendre de nouveau de ses nouvelles.

L’Aide à domicile en milieu rural (ADMR) m’avait communiqué le nom de deux personnes qui seraient intéressées par notre « accueil café ». Je les ai appelées pour prendre contact : l’une d’entre elle ayant perdu son mari à l’automne dernier, souffre de solitude ; nous avons discuté un peu ; elle a quelques difficultés à aller vers les autres. Je lui ai expliqué que nous étions un petit groupe très convivial et lui ai dit que je la rappellerai. Cette dame, active et sans problème particulier, malgré ses 83 ans, serait intéressée par des promenades.

La deuxième dame, plus âgée, a des problèmes de vue et beaucoup de mal à se déplacer. Je lui ai suggéré que nous allions la chercher ; elle a laissé entendre que, dans un premier temps, elle souhaitait nous voir chez elle, pour discuter ; à ma question de savoir ce qu’elle souhaiterait que nous fassions pour lui être agréable, elle m’a répondu qu’elle aimait beaucoup lire, mais qu’elle en était désormais incapable. Je lui ai dit que je lui ferai avec plaisir la lecture ; elle dispose de quelques livres chez elle. Comme à l’autre dame, je lui ai dit que je la rappellerai dans la semaine du 11 mai, afin que nous convenions du jour à sa convenance pour nous rencontrer. Je lui ai précisé que nous aurions les masques protecteurs. Elle, elle n’en n’a pas... Je lui ai proposé de voir avec ma voisine et amie qui en fait, si elle pouvait en prévoir un, aucun problème ; je lui apporterai donc son masque en allant la voir.

Voilà, voilà, ce que j’ai pu faire, au titre de mon bénévolat, pendant ce confinement... Je n’en suis pas mécontente...mais... les contacts avec ces personnes me manquent quand même un peu !

Imprimer cette page

Faites un don en ligne