DélégationPicarde (Aisne/Somme)

Crise sanitaire

La solidarité est plus forte

Témoignage

Nous vous proposons le témoignage d’Alice : ses difficultés et ses espoirs (son prénom a été modifié pour des raisons de discrétion).

« Bonjour à tous,

Je suis maman de trois enfants. Intérimaire, je suis inscrite au Pôle Emploi depuis peu, car j’ai été "mise en carence" après avoir effectué mes dix-huit mois dans la même société. Lors de la première vague du Covid, j’étais déjà dans cette société qui a connu une baisse d’activités lors du premier confinement. À la fermeture des frontières, j’ai été mise en fin de mission. J’ai pu reprendre mon activité en Juillet. "Ma carence" a débuté en août.

L’intérim m’as permis de mettre de l’argent de côté, pas grand-chose, certes, mais de quoi tenir un mois sur tous mes prélèvements et pouvoir ainsi fournir tous les papiers nécessaires à l’ouverture de mes droits au Pôle Emploi.

Cela fait le troisième mois depuis mon arrêt dans cette société que je la contacte tous les matins, ainsi que les agences d’intérim, et tous les matins, la réponse est la même : « Non désolés pour l’instant, c’est calme  », et depuis ce nouveau confinement, la phrase : «  et avec la Covid, les sociétés ne souhaitent pas prendre de risque » s’y ajoute.

Toutes ces contraintes me poussent à regarder de plus près mes comptes car le chômage est financièrement payé plus bas qu’un salaire intérimaire. Je ne peux plus effectuer de retrait pour laisser sur mon compte de quoi honorer toutes mes factures, et malgré cela il arrive des rejets. On a tendance à en avoir honte et ne pas oser en parler à notre conseiller bancaire. On prend sur nous, en se disant que cela s’arrangera, mais on se détruit à petit feu moralement.

Autant briser la glace, aller de l’avant pour ne pas déprimer, et oser parler. Cette force, je l’ai trouvé en regardant mes enfants. J’ai donc pris rendez-vous avec mon conseiller bancaire. Je lui ai expliqué ma situation, mes craintes. J’ai découvert une personne très ouverte et compréhensive de la vie au travers ce virus. J’ai obtenu de sa part le remboursement des frais d’impayés et un geste de solidarité de sa part laissant ainsi payer toutes mes factures.

Bien sûr, chaque mois mon compte sera dans le rouge, mais il m’a assurée que ma situation s’améliorera dès que je pourrais reprendre une activité professionnelle. D’autres mesures pourraient être mises en place à ce moment-là.

J’ai trouvé qu’avec la Covid, la solidarité prend le dessus. Il ne faut pas rester seul dans son coin et broyer du noir. La seule chose qui me révolte dans ce Covid, c’est le manque de moyen pour se faire soigner correctement en annulant les opérations. Je trouve cela aberrant.

Je continue à croire en moi, par peur d’un manque de confiance et ne plus arriver à me relever. Je pense souvent que la solidarité due au Covid peut être une belle chose. Cela m’a permis de rester digne et forte. Je fais des choses simples en disant me rattraper plus tard.

Honnêtement, ce Covid détruit le moral. Je ne veux pas qu’il détruise ce pourquoi je vis, alors je continue de me battre chaque jour jusqu’au retour des jours meilleurs. N’hésitez pas à demander de l’aide, car la solidarité est plus forte que la Covid. Prenez soin de vous, appelez vos proches même si vous ne le faites pas d’habitude. Je souhaite seulement que toutes les sociétés ne soient pas autant impactées et que l’activité reprenne comme avant.

Prenez soin de vous. »

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