DélégationPicarde (Aisne/Somme)

Crise sanitaire

Un réseau de partenaires actifs et solidaires

À Guignicourt-sur-Aisne, un réseau de partenaires actifs et solidaires combat l’isolement et la précarité des plus fragiles. Les relations étroites qu’ils entretiennent entre eux depuis plusieurs années se sont révélées particulièrement importantes pour maintenir pendant le confinement, le lien avec les personnes en situation d’isolement. Propos de Karine, bénévole, recueillis par Alexis.

Le Secours Catholique est implanté à Guignicourt depuis un peu plus de deux ans avec une équipe de cinq bénévoles. L’association a des relations régulières avec les partenaires de la commune, particulièrement dynamiques. On trouve également dans le village, le Panier solidaire, l’épicerie solidaire du village, ouverte trois jours par semaine. Celle-ci est approvisionnée par la Banque alimentaire de Reims et propose aux bénéficiaires, des produits pour quelques centimes et des fruits et légumes, gratuitement. Enfin, l’assistante sociale de Laon vient y tenir une permanence, deux fois par mois.

Dès le début du confinement, la commune a envoyé à chaque habitant un bulletin avec indiqués les numéros des structures et des associations à appeler en cas de besoin, dont celui de Karine, bénévole au Secours Catholique et habitant sur place. « Très rapidement, on a eu des appels » souligne-t-elle. Ce fut par exemple le cas de cette dame âgée qui lui a demandé s’il était possible de l’aider à faire ses courses et avec qui un échange prolongé s’est instauré car le besoin de discuter était important ; ou celui de ce monsieur qui ne peut se déplacer et dont les enfants ne peuvent l’aider car tous sont confinés en région parisienne.

Dans le village, les personnes en difficultés peuvent aussi compter sur le Panier solidaire qui depuis le début de la crise s’est très fortement investi pour assurer la continuité de l’aide alimentaire. Ainsi, le responsable a pris le temps de prendre des nouvelles de chacun des bénéficiaires et d’organiser un planning de "drive" ; l’accueil physique à l’épicerie étant pour l’instant suspendu. « Les sacs sont généreux » dit Karine, ce qui permet de limiter les déplacements des personnes. Lorsque celles-ci sont dans l’impossibilité de venir jusqu’à la boutique, faute de moyen de transport ou en raison d’incapacité physique liée à la santé ou à l’âge, Karine peut leur amener les paniers chez elles, ce qui permet aussi de prendre de leurs nouvelles.

Parallèlement, des agents communaux appellent une fois par semaine toutes les personnes du village de plus de 65 ans. Les paroissiens se sont également rapidement mobilisés en assurant un lien téléphonique régulier. Pour Karine « On se connaît tous (ce qui fait) que le bouche-à-oreille fonctionne bien (…) Tout le monde s’est bougé ! ».

Cet exemple dans le village illustre l’implication des bénévoles du Secours Catholique aussi présents dans les communes avoisinantes, pour faire bénéficier ceux qui ont besoin du réseau d’entraide, qui n’est pas circonscrit à Guignicourt-sur-Aisne. Les contacts entre les bénévoles de chaque commune sont constants et les échanges nombreux afin que chacun puisse agir au mieux localement.

Finalement, « ça fonctionne bien à tous les niveaux  ». Le réseau d’entraide entre les partenaires qui existait avant la crise du COVID et les échanges nombreux qui permettaient à chaque structure de rediriger vers les bons interlocuteurs les personnes en situation de précarité a permis de faire en sorte que chaque personne menacée par l’isolement puisse trouver une écoute et un secours. « À priori, personne n’est laissé de côté.  », souligne Karine. Pour elle : « En milieu rural, notre grosse contrainte c’est l’isolement . » Heureusement, grâce à l’implication de chacun , cette contrainte – qui aurait pu être renforcée par le confinement – est largement atténuée.

Une belle preuve de solidarité !

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